Mobbing: A qui la faute?

11/02/2013

Mobbing: A qui la faute ?

Le mobbing, à qui la faute ? Qui sont les gentilles victimes et qui les méchants sadiques? Voilà la question qu'on se pose instinctivement face à chaque cas de harcèlement moral.

La réalité est souvent plus complexe. J’ai reçu une fille qui avait été mobbée. Le mobbing ? C’est l’étape ultime du harcèlement moral sur le lieu de travail. Elle m’a consulté en proie à une crise de panique. Elle ne savait plus quoi faire. Elle ne recevait que des messages négatifs de son patron, de ses collègues. Tout ce qu’elle faisait était mal. Il ne faut pas faire comme-ci, il ne faut pas faire comme ça ! Ça il faut le refaire autrement ! Ça ce n’est pas ce qu’on veut ! On ne disait pas à cette fille ce qu’il fallait faire, ni où trouver les informations, ni comment faire. La fille était dans un grand état de confusion. Elle m’a dit “je ne comprends rien quand le chef me parle. Plus il est énervé, moins je comprends ce qu’il veut. Et je sors des réunions avec lui sans rien comprendre à ce que j’ai fait de mal ni à ce que je devrais faire ensuite”. Autant dire que dans ce contexte, faire quoi que ce soit de bien était difficile.

Dans un cas comme celui-ci, plusieurs axes d’intervention s’offrent au thérapeute :

  1. L’axe somatique bien évidemment : cette jeune femme souffre d’un syndrome prémenstruel accentué qui contribue à ses difficultés. Son état est proche de celui du burnout. Elle se sent tétanisée. Elle le dit d’ailleurs elle-même : “j’ai l’impression d’être un zombie”.
  2. L’axe professionnel. Que faire de la situation de travail ? Faut-il que la jeune femme reste dans son poste de travail à Neuchâtel ? Qu'elle en trouve un autre en Suisse, et si oui, comment, pour aller vers quoi ? Comment transformer son vécu et ses relations professionnelles ?
  3. L’axe psychothérapeutique : pourquoi est-ce que ce problème affecte cette femme-ci et pas une autre ? Que ferait une autre personne que cette jeune femme ne sait pas faire ?

 

Dans ce cas précis, c’est l’axe psychothérapeutique qui s’avère particulièrement intéressant. Les parents de cette jeune femme vivaient ensemble sous le même toit. Son père partait tôt le matin et rentrait tard le soir. Il ne partageait rien avec sa femme et ne s’intéressait guère à sa fille, qui voyait sa mère pleurer des jours entiers, des années de suite. Le père ne touchait pas à sa femme, faisait chambre à part, ne prenait pas de vacances avec sa famille, etc. “C’était un vrai mur” dit la jeune femme, “tenter de parler ne servait à rien”.

Il y a dans ce cas une vraie analogie entre la situation d’enfance et la situation professionnelle de la jeune femme. Parler au père ne sert à rien et parler au patron non plus. La jeune femme ne sait pas quelles questions poser, quelles informations recueillir, comment communiquer. “Parler ne sert à rien” : c’est l’apprentissage de sa vie. Elle a appris à s’écraser, à faire semblant de comprendre ce qu’elle ne comprend pas, à inhiber ses émotions et à s’écraser. Face au patron comme à son père, elle rentre dans des états de tétanisation intellectuelle et physique.

A qui donc la responsabilité du mobbing ? Dans le cas de cette jeune femme, c’est la conjugaison du contexte de travail défaillant et de l’incompétence de la victime elle-même qui donne naissance au phénomène.

CENTRE CORPS ESPRIT  (Neuchâtel)

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Naturopathe diplômée, acupuncteur, osthéopathe agréé caisses maladie APTN, RME, ASCA, installée à Neuchâtel depuis 1993.

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